Collaborations artistiques des Volontiers avec les habitants de la Fonderie

Avec l’Ensemble Offrandes

Le 3 novembre 2019, Lynda Buain participe en compagnie de Frode Bjornstad à la Fièvre du samedi matin à l’invitation de Samuel Boré, pianiste et co-directeur de l’Ensemble Offrandes.

Tous les trois se retrouvent à plusieurs reprises dans la Caisse à Musique de la Fonderie afin de préparer ce moment. Ils donneront à entendre avec beaucoup de délicatesse des pièces extraites de Jatekok de Kurtag et de Schubert, en contrepoint de textes choisis dans la dernière période de Beckett.

Lynda lit avec Frode et fait résonner quelques notes de piano.

L’ensemble du groupe Les Volontiers présent à la Fièvre intervient à deux reprises sous la conduite orchestrale de Samuel.

La qualité de cette intervention encourage l’invention de nouvelles formes de prestations communes.

Une centaine de spectateurs assistent à cette Fièvre.

Avec le collectif Encore heureux…

Les Volontiers entretiennent des relations privilégiées avec le Collectif Encore Heureux... Ces deux initiatives abritées par la Fonderie depuis 2013 partagent des questions communes sur l’accueil des personnes isolées du fait de leur handicap et le décloisonnement des pratiques thérapeutiques, éducatives, culturelles.

Des invitations mutuelles s’inventent lors des temps de rencontres ou de présentations initiés par l’un ou par l’autre.

Ainsi, les Volontiers participent à la plupart des temps de rencontres et des ouvertures publiques Encore heureux…

en y présentant leurs spectacles :

18 novembre 2017  et 3 novembre 2018 : Déroulé d’amours abricotinées

13 juin 2015 : la Femme Baleine

Ou bien en participant à une émission de radio sur le thème « Histoire d’Atelier », le 16 novembre 2016.

Ces rendez-vous sont l’occasion pour les acteurs des Volontiers d’échanger avec les membres du collectif mais aussi avec les groupes invités lors de ces rencontres.

Tout au long de l’année, Les Volontiers croisent les membres du collectif Encore heureux...à la Fonderie et rencontrent certains de ses membres.

C’est ainsi que Stéphane Juglet et Clément Villa ont pu avec l’aide de Stéphanie Beghain, membre du Collectif et du Comité de rédaction Des nouveaux cahiers pour la folie, intégrer leurs poèmes dans une des revues.

Avec les étudiants du cycle 3 du Conservatoire d’Art dramatique du Mans

Le 23 février 2019, Les Volontiers ont partagé leur Atelier de théâtre avec de jeunes comédiens qui étaient en stage à la Fonderie sous la conduite d’ Emilie Beauvais, comédienne et professeur au Conservatoire de Nantes.

Cette rencontre avait été initiée par Philippe Vallepin, coordonnateur du Département Art dramatique du Conservatoire du Mans.

L’Atelier a été mené conjointement et s’est révélé être une succession de moments intenses, poétiques, imprévus et joyeux: beaucoup d’écoute, de l’étonnement et de l’échange. Les étudiants sont venus aux présentations des travaux de fin d’année des Volontiers et quelques uns des Volontiers se sont déplacés pour les leurs.

Témoignages du croisement avec les élèves du conservatoire du Mans

Samedi 23 février, dans le cadre du stage « travestissement » encadré par Emilie Beauvais avec les cycles 3 du conservatoire du Mans et d’Alençon, nous croisons les volontiers à La Fonderie. Cette rencontre est tout à fait hasardeuse puisque suite à un chevauchement de planning dans la salle noire, Frode et Claudie, en concertation avec Philippe Vallepin (responsable de la classe d’art dramatique du Mans) décident alors qu’une rencontre sur le plateau est envisageable. Nous ne savons alors pas dans quelle mesure celle-ci se déroulera, ni si l’objet du stage coïncidera, mais c’est d’abord un potentiel humain qui parait prometteur et sans aucun doute, moteur.

 

Nous vivons déjà ce stage au sein de la fonderie depuis trois jours lorsque nous rencontrons Les Volontiers. D’un groupe de 14 comédiens nous passons à un groupe de 30 au plateau. Nous nous présentons à tour de rôle, pour nous situer, nous apprivoiser, nous laisser le temps de s’apprécier. Chacun son humeur, son passif, son désir d’être là au point de convergence. Nous entamons des échauffements menés par Claudie qui rapprochent les corps sans mots. Les volontiers ont des corps particuliers, nous expliquait Claudie. Des corps parfois dissociés, qu’on n’approche pas, qu’on ne touche pas, ou bien dans un cadre médical. Ce sont des corps délaissés, mais à qui le théâtre rend leur dimension organique avec douceur.

 

Le travail avec Les Volontiers s’est balisé de repères, d’outils qui étaient les nôtres (sonnets en anglais de Shakespeare) et les leurs (bribes de partitions du spectacle « Déroulé d’amours abricotinées »). Nous avions ces outils rassurants, et nous pouvions nous rencontrer et échanger. Parfois il fallait simplement écouter les natures au plateau pour mieux apprécier ce qui paraissait déjà sans bruit… Nous apprenons à nous défaire de nos liens sociaux au plateau pour mieux apprécier nos présences, nos possibles convergences. Ce qui flottait déjà, sans crier gare, tout autour de nous.

 

Mais de même que ces outils créent des dimensions spécifiques sur le plateau, des solitudes faisant écho et des rapprochements, lorsque nous partageons l’exercice « agneaux-loups », ce sont des meutes qui convergent. Les pauvres agneaux attendent de se faire dévorer par les loups qui, sournoisement, se délectent de leur détresse. La meute et le troupeau se créent sans mal et l’exercice cathartique prend des dimensions de drôlerie clownesque.

 

C’est un échange qui a eu lieu dans cette salle noire, sans a priori, sans appréhension, ni plus ni moins que le partage de nos présences. Nous n’avons pas fait de « social » au sens vulgaire du terme, mais nous avons déployé la sensibilité, la sensation au travail. Avec ce lien au théâtre retrouvé par le biais de l’essentialité des « Volontiers ».

 

Morgane Manceau, Cycle 3 deuxième année

Trois heures passées avec les Volontiers furent un vrai plaisir. Une rencontre pleine, infiniment

humaine, inoubliable. Car ils nous l'ont rappelé : « Ce qu'il y a de mieux au théâtre, c'est le partage.»

J'ai été profondément touchée par chacun d'entre-eux, qui, presque instantanément et à sa manière

s'est ouvert, donné, avec on ne peut plus de sincérité. Parfois en retrait, parfois en poème, parfois en

chuchotant, parfois en dansant... et toujours avec un coeur immense. Je crois avoir reçu une bonne

leçon de théâtre : de présence, d'émerveillement, de courage. Ce sont Les Volontiers qui nous ont pris par la main et ont mené la danse.

Une rencontre qui fait renouer avec ce pour quoi nous sommes là.

Être ensemble et partager.

 

Aglaé Bondon , Cycle 3 deuxième année

Rencontre improvisée avec la Compagnie Brutaflor

Juillet 2015, une rencontre improvisée a lieu à l'initiative de Frode Bjornstad entre quelques acteurs des Volontiers et les jeunes acteurs professionnels de la Cie Brutaflor (Paris) à partir du texte de la Femme Baleine écrit par Victoria Horton. Ce fut un très beau et singulier moment de plateau.